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 un peu d'antisexisme, bordel!

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-{jice}-
poil aux dents.
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MessageSujet: un peu d'antisexisme, bordel!   Jeu 15 Nov - 17:56

voilou, juste histoire de, j'ai trouvée ce texte sympa, bien foutu et plein de fraicheur, de petites fleurs et de papillons. non je craques.

je sais que la provenance du texte va irriter les yeux à certains, mais bon, ben... heu.. je sais pas, faites abstraction...



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Val

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MessageSujet: Re: un peu d'antisexisme, bordel!   Sam 17 Nov - 17:19

Mais si c'est vrai....ca veut dire que l'amour c'est vraiment possible, pour moi, pour vous , pour nous, pour le monde entier.......peace n love!!

bon plus sérieusement, ce texte ets mignon a souhait, comme ca tt le monde et Kikecesoi peut se retrouver
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MessageSujet: Re: un peu d'antisexisme, bordel!   Sam 26 Juil - 22:03

un petit texte bien sympa trouvé sur www.cheribibi.net , site d'un zine dont je vous recommande chaudement la lecture...

Citation :

Ligne 7, minuit et des brouettes. Je m’écroule sur la banquette d’une rame à moitié pleine.
En face, dans le coin opposé, une femme d’une 40aine d’année a l’air aussi fatiguée que moi. Un brin affalée, elle porte un petit short serré qui lui laisse les jambes nues. Sur ses cuisses, son sac. On échange juste un regard dépité, genre « dure la vie hein ? », et on se laisse bercer par nos pensées. Douloureuses en ce qui me concerne.
Un type qu’était assis autre part vient se poser en face d’elle, c’est-à-dire à côté de moi, à un siège d’écart dans ces banquettes 3 places. Il a la trentaine bien sapée : mocassins, chemisette d’été, futal en toile et portable en main.
Direct il l’aborde, je l’sens un poil fait mais pas totalement éméché.
Je l’suis pas non plus, je digère. Mes malheurs ainsi qu’un canard laqué arrosé de deux verres de rouge et un d’saké. Rien d’méchant alcooliquement parlant.
Le type, donc, aborde la nana qui ne réagit pas. À peine si elle rectifie un brin sa position assise.
Il insiste. Il est penché en avant, son portable et donc sa main à quelques centimètres du genou féminin. Je sais pas trop ce qu’il lui dit mais elle lui répond qu’elle ne parle pas français.
Ça se voit que c’est un mensonge, qu’elle veut juste pas être emmerdé.
Le type revient pourtant à la charge après avoir fait mine de regarder son putain de portable.
On échange un regard avec la femme, genre « Ah le lourd ». Elle l’envoie à nouveau sur les roses, toujours très tranquillement… ou plutôt très lasse. Car elle ne paraît plus très tranquille. Pas inquiète mais presque. Les doigts du mec sont à deux centimètres de la peau de son genou.
Je repense aux trop nombreux récits de copines à propos de sales cons sortant leur pine dans le métro. Je repense aussi à ce qu’écrit Virginie Despentes dans King Kong theory : une femme apprend à subir, à ne pas réagir, à ne pas s’énerver, à fermer sa gueule pour résumer. Elle doit rester à sa place, c’est dans l’ordre des choses qu’un gars drague une nana seule en short moulant dans le métro. Si t’es pas contente, fous une burqa ou ne sort pas.
Le mec continue sa tentative d’approche. Et physiquement il est très près. Visiblement, il veut pas comprendre qu’il gêne, il ne semble pas connaître les limites entre « tenter modestement sa chance » et insister lourdement.
La femme le rembarre, me jette un nouveau regard, de moins en moins rassuré.
Me revient le souvenir cuisant de l’apathie des passants lors d’agressions dont je fus la victime. Me faire rouer de coups à 16 piges sur un quai de métro bondé. Me faire alpaguer, un cutter sous la gorge, en plein centre de Paname par un beau samedi après-midi.
Rien ne changera donc ? Les vaches regarderont-elles toujours passer les trains sans « meuh » dire ?
Fixant toujours l’extrémité des pognes du gars, je décroise les jambes, fait discrètement craquer doigts et poignets. J’attends le geste de trop, le mot de trop.
Deux stations seulement sont passées, la femme se lève.
Le type : « C’est ici que vous descendez ? ».
La femme lui répond que oui et descend. Est-ce encore un mensonge ou veut-elle juste s’éloigner de ce mauvais dragueur de fin d’soirée ? Le fait est qu’elle sort dès que les portes s’ouvrent.
Le type se lève derrière elle, passe devant moi, me regarde, un peu penché, l’œil brillant, avec un sourire comme ça, et me sort « C’est pas gagné ».

Il m’a dit ça de manière complice, « entre hommes ».
Bah oui c’est normal, les femmes sont des proies, nous des prédateurs.
Bah oui c’est normal, il tente sa chance, quitte à la pousser un peu.
Bah oui c’est normal, ses tentatives sont censées m’amuser.
Bah oui c’est normal, je suis un homme donc son complice.

Complice…

Complice en le regardant faire.
Complice en trouvant normal qu’il insiste.
Complice d’une société où je suis censé, comme lui, faire partie de l’espèce dominante grâce à la nature de ce que j’ai entre les jambes.
Complice d’une oppression ordinaire, séculaire.
Complice d’une normalité largement acceptée.

C’est cette phrase, ce « C’est pas gagné » de connivence qui a été de trop.

J’aurais peut-être dû lui retourner un sourire, genre « Ah les femmes »…
Non. J’ai craqué.
Il était penché vers moi, il passait, il venait d’achever sa phrase.
J’avais tant de choses à lui faire remarquer que je n’ai pu causer.
J’avais tant de choses dans la tête que je l’ai mise direct dans son nez.
Le gars s’est rassis, sonné. J’ai fait trois pas de côté sans me presser. Les portes se sont refermées, j’étais sur le quai.

De toute façon, cette rame là allait à Villejuif, et moi à Ivry.


[edit] une jolie manière de fêter mes 500 messages... Smile

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